L’amour est quelquefois un mécanisme qui s’active pour ne pas tuer quelqu’un.
C’était en Décembre. Il avait neigé pendant toute la nuit. La ville était,dès les premières heures du matin, toute blanche et froide. Le froid est plus romantique que la chaleur: il rend plus intense le besoin de contacte.
J’ai descendu la rue vers 12 heures, je suis allée chez une amie. C’est là où je l’ai vu pour la première fois. Cette première fois je l’ai détesté, je me suis moquée de lui. J’ai pensé : ‘Regardez-le, cet homme là qui a l’air arrogant, cet homme qui se balade autour de la maison comme s’il était le roi, qui parle beaucoup mais ne dit rien. Avec une personne comme celle-ci, moi, je ne pourrais jamais avoir une relation’.Cette première rencontre s’est passée poliment, nous avons parlé de banalités : nos études, nos goûts , etcetera. J’essayais de ne pas mourir d’ennui.
Pendant trois mois nous ne nous sommes pas vus. J’ai bien dormi toutes ces nuits.
Au mois d’Avril, il est venu avec nous. Il m’a saluée, il m’a regardée d’une façon différente. Son regard avait changé. Il avait changé parce que moi aussi j’avais changé. J’étais plus mince et j’avais laissé pousser mes cheveux. Il voulait alors me connaître. Je le détestais encore et pourtant j’avais décidé de fermer mes portes. Durant les semaines suivantes il essayait de pénétrer dans ma bulle : il avait interrogé tous mes amis pour savoir mes intérêts, il me parlait du cinéma, dela littérature, il m’accompagnait à faire les courses, en bref, il faisait tout ce qu’il pouvait. Et je rigolais, j’étais fermée à clé.
Un jour, je suis sorti de ma châsse. Je suis allée à sa rencontre, et à ce moment là je lui ai dit qu’il était un peu magicien parce qu’il avait transformé la haine en amour. Il n’avait aucune idée de quoi je parlais.
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